Alien vs Predator Requiem
parArkenle 23.Jan.2008
Poelant. Je crois que c'est le mot. Cet Alien vs Predator Requiem, que nous nommerons AVPR dans la suite de cette article, est une véritable ode à l'humour burlesque, à la fois un hommage à Chuck Noris et aux séries Z en général.
Juste pour fixer le pitch : un Predalien (un hybride Predator-Alien) extermine l'équipage d'un vaisseau Predator qui vient s'écraser sur la planète Terre. Le signal de détresse émis par le vaisseau Predator parvient jusqu'à la planète des Predators. L'un des leurs se rend alors sur place pour venger ses frères. En fait ça faisait un moment que je ne m'étais pas autant marré au cinéma. Il fallait pourtant oser transformer un univers de science fiction très sombre et plutôt sérieux, en une comédie. Mais les frères Strause ont réussi leur mission avec brio. En effet, le script est tout bonnement hillarant. C'est une vraie mine à répliques cultes. A en faire pâlir de jalousie notre amie Jean-Claude Vandamme. Morceaux choisis : Après 45 minutes de film, et environ 53 personnes trucidées, le héros faisant preuve d'une lucidité hors du commun : "des gens meurent". Puis c'est au tour d'une des survivante, lorsque le héros suggère que l'invasion pourrait être organisée par un complot international des chinois du FBI : "le gouvernement ne peut pas nous mentir, c'est impossible", ou encore l'incontournable "mon dieu nous allons tous mourrir !". Sans oublier le très classique mais toujours très efficace "on ne fait que suivre les ordres" de John le valeureux militaire après avoir mis un ogive nucléaire dans les dents de tout le monde.
Heureusement les frères Strause sont parvenus à ne pas tomber dans des personnages clichés. Les personnages sont tous extrèmement charismatiques, à l'image du shériff du comté qui fait preuve d'un calme paraplégique tout au long de l'aventure. Un vrai rôle de composition. Le jeu d'acteur est à ce propos formidable. Les répliques arrivent du tac au tac, les expressions faciales sont extrèmement travaillées, on imagine que le tournage a dû être un enfer, avec probablement un cinquantaine de prise pour chaque scène pour arriver à approcher cette perfection. Vous l'aurez compris, AVPR est une véritable oeuvre qui ouvre la porte vers un nouveau genre : la comédie de science-fiction. Un genre qui, avec AVPR comme modèle, risque bien de faire des petits. On les attends avec impatience. Plus sérieusement, ce film est une honte aux deux franchises qu'il tente de réunir. Fan inconditionnel d'Alien, et dans une moindre mesure de Predator (que j'ai plus connu par l'intermédiaire du jeux-vidéo) j'ai été affligé. C'est un pillage marketing pur et simple. Il n'y a dans cet bouse, au sens des valeurs défendues par ces franchises, rien de Predator et encore moins d'Alien. Tout est lamentable dans cette "chose". Le scénario déjà qui n'a pour but que d'offrir des situations de combat entre Alien et Predator. Les humains sont là uniquement pour se faire zigouiller et appuyer la surenchère de gore. En même temps, vu la profondeur, l'originalité des personnages proposés et la brochette d'acteurs sélectionnés (mis à part Reiko Aylesworth pourtant pas mauvaise en Michelle Dessler dans 24) on en attendait pas plus : une bande d'ados américains écervellés, une blondasse connasse bonnasse, un shérif descendant d'un Mérou, un John ancien taulard donneur de leçon "j'ai appris la vie", son petit con de frère, et une militaire retraitée d'Irak "fuck da system". Oh yeah. Et ce n'est pas le script tenant sur un ticket de métro (j'exagère à peine) qui aidera cette bande de joyeux lurons.
Sur l'esprit, rien n'est respecté. Notre xénomorphe préféré, animal si malin, si sournois, si sioux, si fin stratège habituellement n'est traité dans ce film que comme un être dénué de tout intelligence, un morceau de viande, fonçant droit sous les balles. S'en est ridicule. Alien c'est bien plus qu'un monstre de l'espace dévorant des humains à la chaine. Sur l'esthétique ensuite, Ridley Scott doit se retourner dans sa tombe qu'il n'a pas encore. Les animations des Aliens sont quasi du même niveau que celles d'Alien, le 8eme passager qui, il faut le rappeler, date de 1979. Les monstres n'ont aucune grâce, rien d'animal, on a beaucoup trop l'impression de voir un humain avec un costume. La photographie qui veut se la jouer "sombre" à mort et empèche finalement d'apprécier quoi que ce soit du "spectacle". Le tout mixé avec une réalisation hachée, confuse, sans aucun plan large et un montage douteux à base de micro scènes de 30 secondes sans aucune intensité, fait qu'on ne comprend absolument rien lors des scènes de combats. Même les bruitages sont complètement à la ramasse. Le cri des Aliens est le même du début à la fin du film, et je le soupçonne fortement d'être directement pompé d'Aliens de James Cameron. Le suspense, l'effet de surprise, les sursauts, rien ne prend sur le spectateur. Tout ce voit à 20km d'avance, tout est trop convenu. Sans parler de la fin complètement baclée. On a l'impression que les scénaristes ne savaient pas trop comment s'en sortir, alors ils ont opté pour la solution à tout les problèmes de l'humanité dans les films américains (Armaggedon, Core, Sunshine, etc...) : la bombe atomique.
Un dernier point qui m'a marqué, et que je ne sais pas trop comment interpréter : les références scéniques à la franchise Alien. Je parle notamment d'une scène reprise trait pour trait de la scène dans l'infirmerie d'Alien 3 et Ripley qui se fait flairer le visage par un xénomorphe, ou encore cette sène dans la piscine, référence à Alien 4 la résurection. Hommage ou manque d'imagination ? You decide. Tags :
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