Jurassic Park, descente vers la médiocrité
parArkenle 15.Jan.2008
Entre moi et les dinosaures, c'est une grande histoire d'amour. Le gigantisme, la puissance et la mystérieuse disparition de ces grands lézards qui ont régné pendant des millions d'années à la surface de notre planète, me passionne depuis l'enfance.
Du haut de mes 12 ans, j'étais donc un peu en transe quand, en 1993, un certain Steven Spielberg décida de sortir son long métrage sur le sujet. Steven Spielberg, pour les incultes, c'était quand même le mec qui avait sorti Les dents de la mer et ses requins en plastique, E.T. et son alien en plastique, toute la série des Indiana Jones, et j'en passe. Autant dire que c'était quand même pas le premier péquenot venu. Tout partait donc sur de très bonnes bases. Et je ne fut pas déçu. Basé sur le bouquin éponyme de Michael Crichton, qui a été pour l'occasion embauché par Spielberg pour participer à l'écriture du script, Jurassic Park nous fait vivre l'histoire d'un milliardaire un peu fou, John Hammond, qui s'est mis dans l'idée de recréer des dinosaures à partir de sang de moustique conservé dans de l'ambre, et de construire sur l'île d'Isla Nublar un tout nouveau parc d'attraction où les visiteurs pourraient admirer Tricératops, Diplodocus, Brachisaures, Vélociraptors et autres Tyrannosaurus Rex. Pour valider son parc, John Hammond invite le gratin de la paléontologie mondiale en la personne de Alan Grant (interprété par Sam Neill) et Ellie Sattler (Laura Dern), l'atout sexy du film, parce qu'il en faut toujours un. Evidement il y a aussi un mec marrant, Ian Malcolm, pseudo mathématicien interprété par Jeff Goldblum, et des enfants (les petits enfants de John Hammond dans le film), parce qu'un enfant qui se fait manger, c'est toujours attendrissant. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf que bien entendu, tout ne se passe pas comme prévu, la faute à une tempète tropicale qui s'abat violemment sur l'île, et à un informaticien corrompu, gros et moche comme tout les informaticiens, chargé de récupérer pour une sombre organisation, des embryons de dinosaures. Rapidement, rien ne va plus, les clotures électriques censées confiner les lézards géants ne fonctionnant plus, ils peuvent se balader tranquillement dans tout le parc et croquer de l'humain en toute quiétude. Humains qui eux, tentent à présent de s'échapper de l'île par n'importe quel moyen. De la science-fiction sans grande suprise donc, un peu cucul la praline dans son dramatisme et ses personnages (il faut garder à l'esprit que ce n'est pas un film d'auteur avec des rôles de composition, mais un film d'action américain), mais fort bien scénarisé, bien réalisé et visuellement très réussi. Parce que Jurassic Park (qui scientifiquement aurait d'ailleurs mieux fait de s'appeler Cétacé Park, mais ça sonnait moins bien), c'est, avec Terminator 2 l'année précédente, le point de départ des effets spéciaux numériques qui arrachent. On avait encore jamais vu des images de synthèses aussi réalistes. Les scènes impliquants le T. Rex étant particulièrement impressionnantes, tant au niveau des animations que du rendu de la peau, de la musculature. Aujourd'hui encore, 15 ans plus tard, les effets de Jurassic Park n'ont pas grand chose à envier à ceux des derniers films sortis dans les salles, c'est pour dire la qualtié du travail fourni par les équipe d'Industrial Light & Magic (ILM pour les intimes) à l'époque. En 2 mots, Jurassic Park, ça ownait grave les pupilles et là n'est pas le débat. Là où je veux en venir, c'est sur le fait que l'exploitation postérieure de la license fut juste de la grosse merde. Jurassic Park III gagnant la palme de la merde suprème, devançant de peu Le monde perdu, de Spielberg pourtant.
Commençons par le commencement. 1997, sortie de Le monde perdu. La brèche laissée par la fin de Jurassic Park ne pouvait pas résister bien longtemps à l'appel du dollar. Spielberg reprend donc la caméra et nous pond une resucée très bas de gamme. Le contexte : John Hammond ce gros malin, possédait en fait deux îles. L'île du parc, celle visitée lors du premier film, et une seconde île où les dinosaures étaient mis au monde et grandissaient avant de rejoindre l'île principale. Mouai. Et depuis la catastrophe du premier film, les dinosaures y vivraient en totale liberté. John Hammond qui ne veut pas lacher le morceau et montrer à tout le monde le bien fondé de ses créations, recontacte Ian Malcolm pour lui demander de s'y rendre et d'étudier ses bestioles dans leur environnement naturel. Malcolm refuse de suite ("non non et non"), jusqu'à ce qu'il comprenne que sa gonzesse, paléontologue de son état, y est déjà . Malcolm : "où est l'avion ?". Hum. Et nous voilà reparti pour une aventure. Ah oui j'allais oublier. Malcolm est père (adoptif ?) d'une petite black de 12 ans, gymnaste, ça aura son importance pour bien faire toucher le fond à ce film. Voilà donc notre ami Malcolm de retour au pays des dinosaures à la recherche de sa femme. Mais déjà une équipe de militaire débarque sur l'île avec à sa tête un british sauce Rambo. Leur but ? Ramener des dinosaures vivants, dont un T. Rex, à San Diego pour y ouvrir un parc d'attraction. Originale. Encore plus originale, ça tourne mal, parce que les gentils militaires n'avaient pas pensé que les vilains dinosaures étaient aussi méchant. On enchaîne donc joyeusement les démembrages et les mangeages d'hommes dans des décors bucoliques. De son coté Malcolm et les gentils finissent par échouer dans une ancienne nurserie pour dinosaure où Spielberg nous sort probablement la scène la plus honteuse de sa carrière : Malcolm, sa femme et sa gamine se trouvent enfermé dans une espèce de cabanes, 3 raptors aux fesses. Finalement, un des raptors parvient à rentrer dans la cabane (en creusant sous les murs). Mon dieu, mon dieu, comment vont-ils s'en sortir ? Sacrebleu, des barres de fer (de l'exercice), une gymnaste, mais oui bien sûr. La gamine fait 3 tours de barres parallèles et décroche un high kick dans la gueule du raptor. Superbe. Finalement tout le monde s'en sort. Retour à San Diego et en avant pour un belle tranche de foutage de gueule du spectateur, avec un cargo fantôme, sans pilote, mais qui parvient quand même à se diriger pile poil sur le port de San Diego, puis un T. Rex de 6 mètres de long (contorsioniste ?) qui parvient à découper tout l'équipage du cargo, y compris ceux planqués au fin fond de leur cabine. Bref, de la grosse merde.
Tant de qualité ne pouvait rester sans suite. Nous avons donc l'honneur en 2001 de voir débarquer le 3ème et dernier massac...épisode à ce jour. Cette fois, copinage oblige, c'est Joe Johnston qui s'y colle. Ce réalisateur de film cultes tels que Chérie j'ai rétréci les gosses ou encore Jumanji va sublimer la série. Le scénario nous plonge au coeur d'une intrigue trépidante mettant en scène des dinosaures donc, une famille à la recherche de son fils égaré sur l'île alors qu'il y faisait du deltaplane (surtout ne cherchez pas à comprendre), et le fils en question qui a réussi à survivre aux dinosaures des mois durant en mangeant des chocos au fond d'une benne. Vous l'aurez compris, c'est un peu le genre de film qui marque une vie. En fait, la réalisation est tout juste passable, les tentatives d'humour (et il y en a) ne sont pas drôles, les environnements sont toujours les mêmes, on se fait chier à en crever, c'est archi cucul (mention spéciale à la scène de nuit avec la grue). En fait on a l'impression de regarder un téléfilm M6 du dimanche après-midi, les effets spéciaux réussi en plus. Et ni le retour de Sam Neill, ni la présence de Tea Leoni ne parviennent à changer quoi que ce soit. Ce film fini inexorablement par toucher le fond. Mauvaise nouvelle, Jurassic Park 4 est annoncé pour 2008, toujours avec Joe Johnston aux commandes. Fuyez pauvres fous ! Non vraiment, Jurassic Park, c'était mieux avant. Tags : |
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