Turok, premières impressions
parArkenle 26.Apr.2008
Après plus de 10 ans de présence sur PC, le moins que l'on puisse dire, c'est que la série des Turok n'a jamais vraiment rencontré le succès. La faute très certainement à 3 épisodes occilant du moyen au franchement très mauvais (Turok Revolution). Mais il y a du nouveau au pays de Turok en ce début 2008 puisque Acclaim a cédé la franchise à ...Disney Interactive. A première vue, difficile de savoir si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle, l'esprit Disney ne correspondant pas vraiment à l'univers flingues et dinos de Turok. S'il y a en revanche bien une chose que Disney possède en quantité, c'est de l'argent, et avec lui l'espoir d'arriver enfin à faire de Turok un bon jeu.
Au vue de mes 2 premières heures passée sur le titre, mes craintes de voir apparaître Mickey au coin d'une grotte ou Pluto à dos de dinosaure sont en tout cas envolées. Turok est tout ce qu'il y a de plus sérieux. Et Disney semble s'être donné les moyens de ses ambitions : Unreal Engine 3, bien maitrisé de surcroit, scènes cinématiques ou guidées de qualité, scénario bien intégré vis-à -vis des précédents opus, bref, tout ce qu'il faut pour partir sur de bonnes bases. L'histoire ne cassera pas 3 briques à un canard (c'est voulu, au cas où). John Turok, héros malheureux de la saga, se retrouve parachuté au sein d'une équipe de gros bras avec pour mission de capturer un haut dirigeant ennemi nommé Kane sur une planète hostile, remplie de dinosaures. Mais John fait face à plusieurs problèmes. D'un part, son passé, qui lui cause bien des soucis pour s'intégré à l'équipe. Deuxième problème, le vaisseau abord duquel toute l'équipe d'assault se trouvait s'est malencontreusement écrasé sur cette fameuse planète hostile. Et manque de bol : y a plein de morts, et de surcroit le vaisseau a eu la mauvaise idée de se briser en 2 avant le crash. L'intro à bord du vaisseau en perdition est vraiment bonne, on se sent vraiment impliqué dans le truc, ça pête dans tous les sens, il faut se glisser dans des trous de souris pour s'extraire de la carcasse du vaisseau. Bien sûr tout est ultra scripté et guidé, mais qui s'en plaindra quand l'ambiance est au rendez-vous ? Une fois sortie du vaisseau, le jeu commence vraiment. La première partie du jeu va consister à rejoindre la seconde partie du vaisseau, a pied, dans la jungle remplie de Vélociraptors, Tyranosaurus Rex et autres Dilophosaurus. Un autre survivant du vaisseau, Slade, vous accompagne dans ce périple. Le cadre est majoritairement constitué de jungle, très couloir-isée, de grottes et d'une base ennemie. Oui car la planète abrite une colonie d'humains au service de Kane.
Quoiqu'il en soit, les environnements de manière générale sont réussis. Graphiquement le moteur UE3 est très bien exploité, avec des detailed textures, des effets de particules très bien rendus. le tout tournant comme une horloge sur ma config moyen gamme (Core 2 Duo @ 2.6 Ghz + 8800 GT), tout à fond. Le level design est aussi d'un bon niveau, on a pas l'impression de repasser 10 fois au même endroit. On déplore quand même l'ultra linéarité des maps qui ferait presque pâlir d'envie un Call Of Duty. Vous ne trouverez jamais aucun chemin alternatif, jamais aucun passage caché. L'héritage console ? Probablement. Pas grand chose à reprocher non plus du coté des sensations de jeu. Le héros, bien qu'un peu lent, bouge bien. L'arsenal, hormis la présence de l'emblématique arc, est d'un classicisme navrant. Mais le feeling des armes reste relativement bon. On pardonnera donc. L'arc, qui aurait pû être l'arme d'exception de ce Turok (au même titre que le gravity gun d'Half-life 2 par exemple), rate le coche. La gestion (logique) de la gravité rend son maniement délicat et lui donne une portée ridicule. Sa puissance n'ayant quant à elle rien d'exceptionnel, c'est finalement une arme qu'on rangera soigneusement dans son coin, ne la sortant que lors des pannes de munitions, c'est à dire à peu près jamais étant donné l'abondance desdites munitions le long de l'aventure. Pour l'originalité, on repassera. Les combats quant à eux, bien que pas vraiment palpitants, ne sont pas désagréables. D'une manière générale, l'IA est assez faible. Tout à fait normal quand il s'agit des dinosaures, qui se contenteront donc de vous foncez dessus. Plus inquiétant lorsqu'il s'agit des soldats de Kane. Ils auront bien quelques reflexes de mise à couvert, mais restent beaucoup trop attentistes et exposés. Pas de vrai challenge à ce niveau là donc.
C'est finalement difficile d'aposer un jugement sur ce Turok après ces premières heures de jeu. Dans l'absolu, ce jeu n'a pas de véritable gros défaut. Il est certes beaucoup trop linéaire et banale, il souffre d'un petit problème de sensibilité souris (a mettre à fond presque obligatoirement), et le FOV de base paraît un peu étroit, mais ça n'en fait pas pour autant un mauvais FPS. A coté de ça, Turok n'a pas non plus de vraie force. Il ne présente aucune originalité, hormis la présence d'ennemis skinés en dinosaure. Certes la balade est agréable dans des environnements bien réalisés, avec une technique léchée, des sensations bonnes elles aussi, mais ça manque cruellement features intéressants et originaux qui ferait basculer le jeu du statut de titre banale qu'on aura oublié dans 1 mois à celui de bon jeu. Il aurait pourtant suffit, à mon avis, de peu de choses : des boss par ci par là qui donneraient lieu à de vrais affrontements, des maps offrant de multiples chemins alternatifs, permettant d'élaborer des stratégies un peu plus avancées, des maps un peu plus fouillés où tout ne tombe pas sous le sens, des maps un peu plus ouvertes donnant lieu à des phases d'exploration, des phases de coopération entre les 2 protagonistes, des phases d'infiltration où on aurait pû ramper, couché dans les hautes herbes, pour ne pas se faire repéré par les vilains dinosaures, etc...tout un tas de petites idées, pas très difficiles à mettre en oeuvre, et qui auraient certainement changé la face de ce Turok. Pour l'instant, Turok me laisse donc un goût amer d'inachevé. On a une très bonne base, qui aurait permis de faire un grand jeu. Tous les ingrédients, tous les critères de base qui définissent un bon FPS sont là , bien dosés. Mais on ne s'est visiblement pas donné l'ambition et les moyens créatifs d'aller au boût des choses et d'en faire un grand jeu. Dommage. La conclusion bientôt. Tags : |
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